Lectures cursives – Partie 1 : Que faire lire ?

Favoriser l’autonomie

Les lectures cursives, comme nous l’apprend l’étymologie, sont des lectures à faire dans la course de la séquence, c’est-à-dire en parallèle de la séquence, sans être étudiées de manière approfondie en classe. Ce sont des travaux à faire à la maison, qui doivent être en lien avec les connaissances à acquérir pendant la séquence. Par conséquent, elles doivent être choisies et préparées de manière à pouvoir être faites en autonomie, sans aide immédiate de l’enseignant.

La plupart du temps, je réserve donc les œuvres difficiles à l’étude en classe, pour que la lecture soit plus accompagnée : il faut que les élèves se sentent en confiance pour pouvoir développer de l’intérêt.

Je propose malgré tout des œuvres difficiles aussi en lecture cursive, mais en choix avec au moins deux autres livres, de difficulté différente. L’idéal étant d’avoir trois niveaux de difficulté. Ainsi, l’autonomie des élèves est sollicitée dès le début du travail : il s’agit pour eux d’évaluer leurs compétences de lecteurs, ainsi que de connaître leurs goûts, afin de choisir le livre qui leur correspondra le plus.

Lettres, au pluriel

Même si dans nos emplois du temps, la matière est notée « français », nous la préparons et nous la maîtrisons sous le nom de Lettres Modernes ou de Lettres Classiques. Pour nos études, nous avons aussi lu de la littérature du monde et de la littérature antique. Les lectures cursives, comme elles seront moins prioritairement étudiées sous l’angle de la langue, sont le lieu privilégié pour aborder des œuvres non francophones.

Dès la cinquième, Agatha Christie et Sir Arthur Conan Doyle sont des possibilités. Avec l’amour et le fantastique, on peut introduire les soeurs Brontë, Jane Austen et Poe en quatrième. Peut-être même, pour les plus aventureux, Mary Shelley et Bram Stoker. Les troisièmes auront l’embarras du choix parmi tous les visionnaires de la science fiction : Bradbury, Dick ou encore Huxley… Tous ces anglophones sont aussi des options pour les lycéens.

Ceux-ci pourront aussi mettre le nez dans des éditions abrégées (ou non) d’Ovide, d’Apulée et dans les tragédies grecques. Pensez pour les premières à Pirandello en théâtre, Goethe pour le roman…

Lectures plus accessibles

Je propose toujours au moins un récit de littérature jeunesse pour les collégiens. Il y en a de très bons, y compris du point de vue du style. Si vous lisez mes billets régulièrement, vous devez commencer à le savoir.

Pour les lycéens, les lectures « difficiles » étrangères des collégiens peuvent devenir des lectures « faciles ». J’ai aussi pour principe que les lectures cursives sont un excellent moyen de s’imprégner d’une ambiance historique peu familière. C’est mon mémoire de master sur la littérature jeunesse qui m’a appris qui était la Grande Mademoiselle. Pour faire comprendre la cour de Louis XIV, les inégalités de la Belle Epoque et les frasques de François Villon, rien de mieux qu’un roman historique. Jean Teulé est tout à fait accessible, par exemple, à des lycéens qui ne sont pas de grands lecteurs. Il est intéressant de proposer ce type de lecture en parallèle des études de textes poétiques ou d’extraits de théâtre.

Bien sûr, la première question que les élèves posent, et qui m’escagace le tempérament comme dirait une de mes professeures de prépa, c’est : « Il fait combien de pages ? » (variante : « C’est lequel le plus court ? »). Rappelez-leur que vous n’êtes pas charcutier.ère, et que vous ne vendez rien au poids. Il vaut mieux pour des quatrièmes peu à l’aise lire Les Chats de Marie-Hélène Delval que Le Horla de Maupassant… Bien souvent ils ne prendront malgré tout pas en compte cet avertissement, mais ils ne pourront vous reprocher de ne pas les avoir prévenus.

1 a commenté sur “Lectures cursives – Partie 1 : Que faire lire ?”

  1. Sur les lectures de « grande » littérature étrangère accessibles qui m’ont passionnées au lycée (et aussi un peu plus tard), je conseille beaucoup Le Baron Perché d’Italo Calvino, qui en plus d’être une belle histoire d’émancipation d’un adolescent, est aussi une belle métaphore de l’intellectuel et de son rapport difficile au monde. Rien que de l’écrire, ça me donne envie de le relire…

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