Ecrire et faire relire

Je parlais la semaine dernière des jeux de rôle « boule à neige ». Continuons sur cette thématique avec un moment dans le travail d’écriture qu’on pourrait qualifier de « boule de neige ».

L’écriture c’est long, surtout vers la fin…

J’avance petit à petit vers une première version écrite complète du Rosaire écarlate. Une fois que je l’aurai achevée, j’espère avoir accompli les trois quarts du travail avant publication. Mais au fur et à mesure, j’ai le sentiment d’être dans un de ces mauvais rêves où on doit atteindre une porte, une lueur, un point de rendez-vous, qui s’éloigne toujours plus, tandis qu’on pédale dans la mélasse.

D’abord, même si je pensais avoir travaillé mon plan, des informations, des paragraphes nécessaires semblent surgir de nulle part au fur et à mesure : « Flûte, il faut que je parle de ça. Mince, le lecteur ne peut pas comprendre ça sans ça. » Etc. Parfois cela survient quand j’écris, parfois cela m’apparaît hors contexte de création. Et ce plan qui me servait aussi de repère et de récompense, semble s’étirer à n’en plus finir.

L’indispensable cruauté de Watson

Mon Watson est aussi mon premier relecteur. Je parlais dans cet article de sa sévérité douloureuse. A lui je lui fais relire non pas en entier, mais presque paragraphe par paragraphe, afin qu’il soit plus disponible et attentif pour repérer les problèmes, et que je ne m’engage pas trop loin dans une mauvaise direction. Mais cela implique aussi des retours en arrière et des détricotages à la manière de Pénélope qui ne sont pas toujours encourageants…

Et si Boileau avait raison, remettre sans cesse son métier sur l’ouvrage nous fait parfois plus sentir Sisyphe que tapissière appliquée.

2 commentaires sur “Ecrire et faire relire”

  1. Combien je comprends ce plaisir et cette contrainte du travail d’écriture d’un jeu de rôle. Je ne sais pas comment ça se passe pour un roman ou une nouvelle, mais pour le jdr on sent bien combien on a tout le temps le lecteur-lectrice en tête, comment on se met à sa place pour vérifier encore et encore que tout est clair. La métaphore du métier à tisser me semble d’autant plus juste qu’il y a effectivement quelque chose de cet ordre, une progression lente et méthodique qui pour autant n’interdit pas la créativité ou la fantaisie.

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