Que lire en fonction de votre maison à Poudlard ? (fond ancien)

En ce mois spécial Harry Potter, je ne vais pas vous faire l’injure d’écrire une critique de la saga. Ce qu’il y aurait à dire dans un carnet de lecture a déjà été dit ailleurs, et mieux. En revanche, je me propose de vous présenter une sélection qu’on trouve désormais parfois sur Internet, à savoir des conseils de lecture en fonction de votre Maison à Poudlard. Vous ne savez pas quelle est votre Maison ? Deux solutions : vous fier à vos préférences dans les qualités que j’énumère à côté de chaque nom, ou bien aller faire le test de répartition sur Pottermore.

Je présenterai chaque fois trois œuvres, un livre jeunesse, une œuvre d’« auteur mort » (comme le dit Adrien Cahuzac à propos des « classiques ») et un inclassable, c’est-à-dire ne rentrant dans aucune des deux catégories précédentes.

Si vous êtes Gryffondor (courage, force et hardiesse)…

Je classe les Maisons par ordre d’importance croissante. J’expédie donc les Gryffondor le plus rapidement possible, parce qu’ils ont déjà eu largement leur part de gloire. Sachez seulement qu’un ami m’a dit un jour que « les Gryffondor font le bien parce que c’est classe, les Poufsouffle font le bien parce que c’est normal. » Rien ne me paraît mieux définir cette Maison et ses valeurs.

Un roman jeunesse : Anne-Sophie Silvestre, Les Folles aventures d’Eulalie de Potimarron (2010-2013).

Voici une excellente série de romans de cape et d’épée au féminin, portée par une héroïne pleine de fraîcheur et très attachante. On commence dans une tonalité assez naïve et légère, et au fil des tomes on grandit avec Eulalie et avec la gravité des événements auxquels elle est confrontée.

A lire aussi si vous êtes ascendant Poufsouffle.

Un auteur mort : Alexandre Dumas, Les Trois mousquetaires (1844).

C’est surfait, vous l’avez déjà lu ? Alors lisez Pauline, du même auteur. Si l’on ne présente plus les bretteurs de Louis XIII, dont les aventures pas si bien adaptées pourraient pourtant remplir cinq saisons d’une série à elles seules, en revanche on peut parler de l’histoire tragique de Pauline. Dans cette réécriture à la sauce romantique du Barbe Bleue de Perrault, on enchaîne les sauvetages et les mystères, le tout sur fond d’orage normand ou anglais.

A lire aussi si vous êtes ascendant Poufsouffle.

Un inclassable : Stéphane Beauverger, Le Déchronologue (2009)

Tout est déroutant dans ce roman de piraterie / science-fiction : la temporalité (bien sûr, avec un nom pareil !), la langue, le personnage… Et pourtant tout fait sens, et tout est enthousiasmant. Tiens, il faudrait que je le relise…

A lire aussi si vous êtes ascendant Serpentard.

Si vous êtes Serpentard (intelligence, ruse et ambition)…

Aaah les Serpentard… C’est un peu mon fantasme secret… Même si toutes leurs valeurs ne sont pas à garder, ce qui les place dans mon classement derrière les Poufsouffle. J’ai essayé dans ma sélection de prendre en compte tous les aspects de la manipulation qu’on pouvait retranscrire en littérature : manipulation des personnages par un autre, manipulation des personnages par l’auteur, manipulation du lecteur par l’auteur…

Un roman jeunesse : Moka, Jeu mortel (2003).

Tout commence de façon innocente dans un pensionnat pour jeunes filles, voire de façon sucrée et un peu ennuyeuse… Mais allez au-delà de la gentille soirée déguisée qui se prépare à grand renfort de chiffons colorés : jusqu’à la dernière page, on ne saura pas qui manipule qui…

A lire aussi si vous êtes ascendant Gryffondor.

Un auteur mort : Pierre Choderlos de Laclos, Les Liaisons dangereuses (1782)

Le couple de Serpentard le plus séduisant et le plus salopard de toute la littérature française… On lit avec délice et horreur toutes les manigances du Vicomte de Valmont et de la Marquise de Merteuil pour faire triompher la déesse Liberté… Ou du moins essayer.

A lire aussi si vous êtes ascendant Serdaigle.

Un « inclassable » : Pierre Bayard, Qui a tué Roger Ackroyd ? (1998).

Le roman d’Agatha Christie, dont Pierre Bayard s’inspire pour son essai ludique, est lui-même très Serpentard. Commencez par celui-ci : si vous ne l’avez pas lu, vous n’avez pas compris la littérature policière. Pierre Bayard s’amuse de son côté à refaire l’enquête d’Hercule Poirot, pour trouver un autre assassin. Manipulation de l’intrigue par le lecteur, donc, et c’est bien son tour.

A lire aussi si vous êtes ascendant Serdaigle.

Si vous êtes Poufsouffle (patience, justice et loyauté)…

« Etre sincèrement poli, plein de compassion et de gentillesse, dans une société qui voit de la profondeur dans le cynisme et le détachement, est subversif et donc punk. » Le Hufflepunk.

Que dire de plus ? Les Poufsouffle ne ressentent même pas le besoin de se justifier face à la déferlante de critiques dont ils sont l’objet. Ils sont en cela presque plus sages que nous autres Serdaigle.

Un album jeunesse : Antoine Guillopé, Loup noir (2014)

Tout est feutré par la neige dans ce superbe album en noir et blanc. Le silence angoisse ou apaise selon les pages, et porte beaucoup mieux la poésie que ne l’aurait fait n’importe quelle parole.

A lire aussi si vous êtes ascendant Gryffondor.

Un auteur mort : Francis Ponge, Le Parti pris des choses (1942)

Le rapport au monde d’un Poufsouffle est artiste en ce sens qu’il redonne de l’importance aux éléments les plus insignifiants de notre existence. C’est le cas ici : on ne peut apprécier sa porte d’entrée ou son quignon de pain qu’après avoir savouré Francis Ponge.

A lire aussi si vous êtes ascendant Serdaigle.

Un « inclassable » : Andrée Chedid, L’Enfant multiple (1989)

Dans la famille Chedid, je voudrais la grand-mère. Celle-ci parvient à parler d’espoir et de renaissance dans un paysage romanesque français qui pensait pourtant avoir réussi à trucider ces notions sur l’autel du structuralisme. On en ressort heureux, mais sans naïveté.

A lire aussi si vous êtes ascendant Serdaigle.

Si vous êtes Serdaigle (sagesse, érudition et créativité)…

Difficile de faire une sélection pour ceux qui lisent déjà beaucoup… Essayons quand même de satisfaire les élèves les plus classes de l’école de magie.

Un album jeunesse : Claude Ponti, Pétronille et ses cent vingt petits (1990)

Si l’univers de Claude Ponti m’angoissait un peu quand j’étais petite, j’en apprécie aujourd’hui l’immense poésie. Ses albums ont la même capacité de relectures et de réinterprétations infinies qu’un roman bien écrit. On croise dans celui-ci une madeleine inconsolable, un ogre à trompe et une maman dévouée.

A lire aussi si vous êtes ascendant Poufsouffle.

Un auteur mort : Marcel Proust, A la recherche du temps perdu (1913-1927)

Je l’ai dit ailleurs, mais Marcel Proust appartient au clan de ces génies littéraires qui réussissent à mettre en mot ce que vous aviez toujours ressenti, sans jamais arriver à le formuler et sans même avoir conscience que vous le ressentiez. Sans parler de sa réminiscence parfumée à la théine, sa description de la pluie m’a transportée.

A lire aussi si vous êtes ascendant Poufsouffle.

Un « inclassable » : Alain Damasio, La Horde du Contrevent (2004).

Dans ce poétique roman initiatique nietzschéen qu’on ne présente plus, Damasio réussit le pari de la polyphonie : on déteste les personnages les plus attachants, on finit par prendre en pitié les plus haïssables. Chacun a ses fragilités, mais les plus visibles sont finalement celles qui seront les plus salutaires aux héros.

A lire aussi si vous êtes ascendant Gryffondor.

Je m’inspire beaucoup de cet article : https://glose.com/bookstore/que-lire-en-fonction-de-votre-maison-a-poudlard. La sélection de la libraire me paraît excellente, bien d’autres livres que je n’ai pas notés, mais auxquels j’avais pensé y figurent. A consulter aussi, donc.

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