Gabriel Garcia Marquez, Cent ans de solitude (XXe)

Un fleuve qu’on a envie de suivre

Cent ans de solitude fait partie de ces romans extrêmement longs, qui risquent à tout moment de vous tomber des mains.

Mais l’équilibre est savamment maintenu pendant les cent années de vie du village sud-américain : l’écriture de Garcia Marquez nous fait avancer sans peine à travers les mariages, les conflits, dans les rues ensoleillées de Macondo. Il y a suffisamment d’épique, d’humain et d’effets d’annonce pour qu’on ne lâche pas la famille Buendia dans ses expériences.

De nombreuses prolepses (le livre s’ouvre ainsi) font en effet progresser la temporalité par boucles, qui nous entraînent toujours plus loin dans le roman.

J’aime bien l’allemand, mais…

Maîtriser une langue étrangère, c’est un peu comme avoir un super-pouvoir. On a un tel sentiment de liberté en voyage, dans les rencontres… L’acte de lecture ne fait pas exception. Lire les romans anglophones dans l’écriture originale de l’auteur me donne un sentiment de surpuissance littéraire. Sauf avec Joseph Conrad. Mais là n’est pas la question.

Le problème, c’est que je suis germaniste. Donc, il est un peu tard maintenant pour espérer découvrir toute la force et le pouvoir de la langue de Gabriel Garcia Marquez.

Les sangsues au pays du réalisme magique

J’ai entendu parler de ce mouvement littéraire hispanophone après avoir terminé le roman, par un ami bilingue en espagnol. Son nom a tout de suite trouvé sens au regard de ce que j’avais lu. Il n’y avait pas d’oxymore plus parfait pour décrire l’ambiance si étrangement quotidienne du roman.

On parcourt les rues d’un village sud-américain comme si on y était, rien n’est idéalisé, chaque détail est crédible. Et pourtant, la montée progressive d’une sorte d’apocalypse biblique ne surprend pas : les poissons voyagent d’une pièce à l’autre de la maison par les portes sans que cela paraisse anormal.

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