Amitié, pourquoi as-tu si peu d’ami.e.s ?

Tout part d’un constat.

L’amitié n’est pas très soutenue dans les fictions. De façon tout à fait évidente, d’abord : deux personnages proches peuvent rarement se contenter d’être amis sans qu’une tripotée de fan-fictions viennent les embarquer dans une relation amoureuse et / ou sensuelle passionnée. On peut parler de Zuko et Katara, d’Harry et Hermione, de Legolas et Gimli… Ce sont des interprétations valables, pourquoi pas. Une grande différence d’âge perçue et affichée (Aragorn et Arwen peuvent être considérés comme du même âge), une différence d’espèce (Krokmou et Harold par exemple) sont les seules raisons qui empêchent deux héros de finir ensemble dans notre imaginaire. Mais pourquoi ne pas admettre aussi, que parfois, on n’est qu’ami ? Qu’est-ce qui empêche ces personnages de s’apprécier, d’être confidents, partenaires de crime, et pour autant être dans une relation amoureuse exclusive avec un protagoniste tiers ?

Je le constate aussi souvent en jeu de rôle. Il m’a déjà été refusé, plusieurs fois, au moment de la création des relations de personnage, d’avoir des ami.e.s. Des rivaux, des amantes, des frères, des ennemies jurées oui, mais pas d’ami. Qu’est-ce qui rendrait l’amitié si insipide et peu problématique pour qu’on ne la considère pas comme intéressante dans un contenu fictionnel malléable ?

Et pourtant…

Pourtant, loin des violons de l’intérêt amoureux, des tragiques trahisons de grand frère, je suis toujours très touchée par les histoires d’amitié. Elles sont en arrière-plan, mais elles créent une si belle synergie entre les personnages, sans qu’il soit besoin qu’ils aient échangé des vœux, de la semence ou de la salive.

L’amitié entre les personnages n’a jamais été insuffisante pour qu’ils aient envie de se protéger à la vie, à la mort. Du moins, dans les récits d’aventures épiques : des héros ou des héroïnes ne rechignent pas à se placer comme remparts devant des ami.e.s en danger.

De même, pas besoin d’une complicité amoureuse pour que les personnages soient d’excellents frères d’armes. Une longue connaissance de l’autre et une complicité créent suffisamment de fluidité pour rendre un combat esthétique.

Alors, voici un de mes objectifs. Créer un jeu où les PJs voudront se protéger les uns les autres, ainsi que d’importants PNJs, sans qu’il soit nécessaire qu’ils éprouvent systématiquement bien plus ou bien moins que de l’amitié. Oui, je veux croire que l’on peut ressentir de l’attachement, de la compassion, une connivence, du respect, être sur la même longueur d’onde qu’un autre personnage, et c’est tout. En fait, c’est déjà pas mal.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *