Lautréamont, Les Chants de Maldoror (XIXe)

C’était prévu

Il est de ces livres dont on entend parler et à propos desquels on se dit :  » Ah oui, c’est vrai, il faut absolument que je le lise celui-là…  » Et puis, oubli dans notre liste en librairies, recommandations et prescriptions d’autres titres, devoirs et dates limites, on repousse le moment plus ou moins contre notre gré.

Encore un livre dont j’ai lu et même fait étudier des extraits avec bonheur, avant de vraiment le découvrir dans son intégralité.

Mal du siècle, siècle du mal

L’adolescente sombre et émo qui existe toujours en moi a une tendresse particulière pour le XIXe siècle, ses romantiques engagés, ses romans gothiques orageux et ses dandys décadents. J’ai parlé de Barbey d’Aurevilly, un jour je parlerai de Huysmans… Si Baudelaire voulait montrer une âme agitée dans le mal avec son recueil en vers de 1856 et rêvait d’une prose poétique avec Le Spleen de Paris, je crois que Lautréamont a vraiment atteint ces deux idéaux dans Les Chants de Maldoror.

Il fallait que je fasse un sort à cet étrange… recueil de poèmes ? Ce sont tout autant des contes cruels et des monologues tourmentés.

De l’araignée au requin

C’est sans doute en effet la sensualité noire de ces œuvres qui me fascine. Les descriptions et les choix atroces et féroces du personnage sont un délice que je ne parviens à savourer qu’en littérature, tout comme j’aime les descriptions des animaux terrifiants qu’il choisit, alors que j’en ai une peur phobique dans la réalité.
Le meilleur morceau reste le premier chant cependant, les autres perdant un peu du mordant initial… Mais peut-être est-ce aussi qu’il y avait dans ma lecture le plaisir de la reconnaissance, car c’est de celui-ci qu’étaient extraits tous les passages que je connaissais.

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