Bienvenue à Poudlard, un jeu de rôle de Frédéric Sintès (fond ancien)

Frédéric Sintès a sorti en septembre 2017 son très attendu Démiurges, un jeu où la magie et l’alchimie testent les limites de notre moralité et de nos valeurs. La Cellule en parle, et vous pouvez vous le procurer ici.

Fabien Hildwein (voir son interview) m’avait dit un jour que Frédéric a une capacité incroyable à s’emparer des univers qui le touchent pour en saisir la substantifique moelle, et en restituer tout l’esprit dans ses jeux de rôles. Que ce soit Miyasaki dans Prosopopée, Full Metal Alchemist dans Démiurges ou encore, de manière plus explicite, Harry Potter dans Bienvenue à Poudlard, il sait tirer le meilleur parti de ses inspirations.

Son jeu sur l’école de magie la plus célèbre du monde est donc l’objet de cet article, en annonce du mois d’octobre qui sera un mois spécial Harry Potter. Notre grand frère sorcier a en effet fêté ses vingt ans au printemps dernier, et quoi de mieux que la période d’Halloween pour lui rendre hommage ?

Un jour les Serdaigle sauveront le monde, mais pas demain, y a exam’ de sortilèges

L’idée de Frédéric est partie d’un manque pour jouer avec ses proches : les jeux Harry Potter déjà existants faisaient vivre plein d’aventures, et lancer plein de dés, mais rien ne rendait un aspect pourtant important des livres de JK Rowling, à savoir la vie quotidienne à Poudlard. Il a donc cherché à créer un jeu qui équilibre scènes d’action magiques, et scènes de cours ou de glandouille.

C’est réussi, grâce à deux éléments de game design très élégants. D’abord, les joueurs ont des objectifs personnels à réaliser, certains en une année, soit une partie, et d’autres en plusieurs années, soit une campagne. Ces objectifs vont de remporter la coupe de Quidditch à devenir Auror, en passant par séduire son amour secret et être le meilleur de l’école en potions. Les joueurs vont devoir réclamer des scènes propres à ces objectifs, même s’ils n’ont pas de lien direct avec l’intrigue du MJ, pour pouvoir progresser dans leur réalisation tout au long de la partie.

Par ailleurs, j’ai parlé de scènes : celles-ci sont cadrées en alternance par le MJ et par les joueurs. Et elles sont rythmées par deux contraintes scolaires : l’emploi du temps et le calendrier. Les passages obligés comportent donc les cours, mais aussi les festins de Noël ou d’Halloween, les vacances de Pâques, les examens, etc. Glisser des éléments de l’intrigue dans ces scènes revient à les mêler à la vie quotidienne, voilà la bonne trouvaille de Frédéric.

Un jeu encore en développement… mais déjà très abouti

Frédéric n’est pas encore satisfait de son jeu, et en effet, on tâtonne encore un peu en tant que MJ, notamment pour la mise en pratique du canevas et de ses intrigues, ou pour la gestion des objectifs non réalisés en fin de partie.

Pour l’instant, ces objectifs non réalisés apportent des malus sur le combat final (vous avez remarqué vous aussi comment les grands méchants veillent à la bonne marche de notre scolarité, et attendent qu’on ait passé nos examens ?) contre l’adversaire principal.

Concernant la préparation des canevas, et l’insertion des indices sur l’intrigue donnés aux joueurs, Frédéric est revenu sur ses premières idées, suggérant une première scène d’intrigue en cinématique. J’ai eu personnellement du mal à gérer ce nouveau format sur mes propres parties, et j’ai plutôt mis en oeuvre une version bâtarde des deux façons de jouer proposées par l’auteur (la première étant l’alternance des scènes évoquée plus haut, avec une possibilité d’intervention des joueurs dès la première scène d’intrigue).

La version en l’état est jouable, avec quelques ajustements, mais elle satisfait déjà beaucoup les joueurs de ma campagne, qui en sont à leur troisième année.

Mon adaptation (alerte divulgâchage)

Bien sûr, je ne parle pas de divulgâcher  l’histoire de JK Rowling (comment ? Dumbledore meurt dans Le Prince de Sang-Mêlé ?), mais des divulgâchages de mes canevas personnels. Joueurs de mes tables, actuels ou contingents, s’abstenir.

Commençons par les éléments d’univers. J’ai profité des quelques zones d’ombre et angles morts de celui de JK Rowling pour ajouter des touches personnelles : pour leur troisième année, mes joueurs en campagne ont eu à choisir deux à trois options. En plus de celles des livres, j’ai ajouté initiation à la médicomagie (je trouvais que ça manquait à l’école des sorciers), et géopolitique de la magie. Le nom ennuyeux et pompeux de cette dernière cache un ressort d’intrigue : les joueurs sont actuellement dans l’année 1949, et le directeur Dippet veut renforcer les liens internationaux au sortir de la guerre de Grindelwald. Quoi de mieux pour cela que de faire étudier les relations internationales à ces étudiants, et surtout de leur fournir des attaches à l’étranger, dans les autres écoles de magie ? Mes joueurs ont donc eu à choisir un correspondant à Beauxbâtons, en vue d’un voyage scolaire qui aura lieu en quatrième année. Je suis presque sûre que Frédéric aurait fait le choix de laisser les joueurs concevoir leur propre correspondant, mais je n’ai pas pu résister à l’idée de rédiger une liste de noms français / espagnols / portugais / italiens / belges / luxembourgeois…

Pour l’instant, l’absence de détails sur l’école française (a priori, cela fait longtemps que je n’ai pas mis les pieds sur Pottermore) me permet d’imaginer tous les décors et toutes les traditions ou presque : Pernelle Flamel en directrice d’un véritable palais classique, rappelant un peu le Versailles des moldus, perché sur un col des Pyrénées (la localisation n’est pas de moi), mais avec une plage de l’Atlantique accessible à pieds.

J’ai plusieurs canevas personnels, créés surtout en fonction des faits et objectifs de mes PJs, mais celui dont je suis le plus fière est le suivant. Je le rédige selon les conseils de création de l’ancienne version de Frédéric. Je suis partie du thème de la peur de la mort, très présent dans les histoires de JK Rowling.

La Menace est une mage noire du nom d’Electre McNair (le nom peut être amené à changer si besoin d’un lien avec les PJs).

Son But est d’acquérir le pouvoir de libérer et de rendre immortel son maître, Grindelwald, enfermé à Nurmengard.

Ses alliés sont des élèves de Serdaigle de sixième et septième année, qui recherchent la connaissance à tout prix (Circée, Mélusine, Anna, Jack, Herman, William, et tout autre élève qui serait en lien avec les PJs et dont la présence pourrait être intéressante). En plus d’eux, un élève grand frère ou grande sœur d’un PJ, a été séduit par Electre, et pense qu’ils pourront à deux trouver un moyen de vaincre la mort : lui-même veut faire revenir ses parents, morts dans la guerre contre Grindelwald.

Phase 1 : premières victimes

Un cours de Mircea Liedes (copyright Frédéric Sintès), de nuit, dans la Forêt Interdite, explique aux PJs comment reconnaître le sang des créatures magiques. Or, des traces de sang imprévues sont également retrouvées… Celles d’une licorne.

Le chat d’un PJ disparaît, son cadavre est retrouvé, mais le lendemain, le matou revient, il est toujours vivant (en réalité, ce que les PJs découvriront, ou pas, c’est qu’il est devenu un Horcruxe : l’intérêt étant que les chats du monde magique ont neuf vies…).

Le bureau du professeur Liedes a été fouillé, ses fioles de sang ont disparu. Si enquête des PJs il y a, ils s’aperçoivent qu’il a été pillé par les sixièmes années de Serdaigle, et ce parce qu’en tant que vampire, il a atteint une forme d’immortalité.

Phase 2 : agressions et harcèlement

Un élève (le grand frère / la grande sœur ?) tourmente le spectre d’Helena Serdaigle.

Un Inferus traîne aux abords de l’école, et peut avoir attaqué un élève ou un habitant de Pré-au-Lard.

Le phénix de Dumbledore arrive dans la Grande Salle et s’écrase sur la table des professeurs pendant un repas : il est visiblement gravement blessé… (si enquête : il a été attaqué par les élèves de Serdaigle, pour comprendre son pouvoir de régénération).

Si les élèves ne font rien :

– Electre tuera le grand frère ou la grande sœur pour faire son propre Horcruxe.

– Elle attaquera l’école pour récupérer les résultats des recherches des Serdaigle, éventuellement se faire mordre par Mircea Liedes, ou encore trouver la trace de Nicolas Flamel et de la pierre philosophale.

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