Animation : Le rythme des activités, le nerf de la guerre (fond ancien)

Le rythme, c’est quoi ? Quel rythme adopter ?

On parle beaucoup, entre animateurs, en préparation de séjours, en réunion, etc. du  » rythme  » des activités, parfois du rythme du séjour ou de la journée. Dans une animation, le rythme va être le niveau d’intérêt et d’action des enfants. Quand on commence tout juste un jeu, par exemple, il s’agit de les éveiller à l’imaginaire choisi, de les faire rentrer dans la partie. D’autre part, il s’agit aussi d’adapter leur investissement physique (en faisant un échauffement par exemple, ou en leur expliquant les règles). A l’inverse, quand on est au beau milieu de l’activité, ils ont compris qui sont les personnages qui sont avec eux, tentent de les aider ou de lutter contre eux, et sont en train de courir partout, pour un grand jeu d’après-midi par exemple.

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L’évolution du rythme en fonction du temps de l’activité, ne vous fiez pas aux chiffres, c’est juste un exemple visuel.

Cette courbe représente le rythme le plus souvent adopté et préconisé, mais tous les animateurs et directeurs ne sont pas d’accord. J’ai déjà entendu qu’il fallait quelque chose de moins lisse, de moins régulier. Quelque chose qui serait plus proche de la vague. J’ai déjà entendu aussi qu’il était mieux de commencer tout de suite à fond, d’investir au maximum les jeunes, dès le début de l’activité, et qu’ils soient déjà dans un pic important d’investissement dès l’accueil du jeu. Et on m’a souvent dit qu’il valait mieux s’arrêter alors que les enfants s’amusaient bien, dans le cas d’un emploi du temps serré, plutôt que de traîner en longueur et de laisser l’ambiance retomber.

Mon idéal est un peu un mélange de la  » courbe  » et de la  » vague « , quelque chose qui commencerait subtilement, gagnerait en intensité, serait relancé petit à petit par des événements dans le jeu, et se terminerait sur une conclusion et un retour au calme tout en douceur :

Grosso modo ça…

Quel rythme tout au long de l’activité ? L’exemple de la veillée

Pour rappel, une veillée se déroule sur environ une heure et demi, après le dîner. Je laisse de côté la tranche d’âge quinze/dix-sept ans, un peu particulière sur la vie quotidienne du soir.

Il faut donc faire démarrer la courbe en amont, avant le début de l’activité, avec ce qu’on appelle la sensibilisation (ou  » sensi  » en abrégé). Pour une veillée, elle peut se faire par exemple au goûter, pendant le temps libre de l’après-midi, pendant les douches ou au repas du soir. L’intérêt est de donner envie aux jeunes de participer à l’activité, de leur annoncer par quelques indices l’univers et le type de jeu, éventuellement de leur donner la liste du  » matériel  » à prendre avec eux (un pull pour une veillée en extérieur par exemple). On fait donc monter d’un cran l’intérêt des enfants, qui va, dans l’idéal, augmenter encore un peu dans les discussions informelles avant le début à proprement parler.

Vient ensuite l’accueil, le moment où les jeunes se rassemblent au début de l’activité. Il faut donc introduire la base des explications du jeu et le lancer de manière à faire  » monter la sauce « , et que les jeunes s’amusent bien sur la première partie de soirée. On fait encore monter le rythme d’un cran.

Pendant le déroulement du jeu, le rythme est susceptible de retomber. Dans le cadre d’une courbe  » lisse « , on introduira un gros événement en milieu de partie, et on aura un pic d’investissement de la part des jeunes. Par exemple, dans une veillée casino, un braquage peut intervenir, et modifier légèrement les règles pour mixer les stands avec un Cluedo grandeur nature.

Pour éviter que la  » sauce  » ne retombe, on peut introduire tout un tas de petits événements, de manière régulière. On peut faire intervenir un nouveau personnage, qui sera une adversité ou un adjuvant supplémentaire pour les joueurs, on peut changer légèrement les règles, introduire une faction de traîtres, changer de lieu dans l’imaginaire, etc. Comme souvent en animation, votre seule limite est votre imagination.

Enfin, il faut penser à la conclusion et au retour au calme. Ils sont à anticiper, car ils ne peuvent intervenir brusquement, au beau milieu d’un pic d’excitation et d’agitation. De même, on ne peut pas s’en passer, donc il faut éviter de se retrouver pris par le temps. Quel vœu pieux ! Evidemment, je parle dans l’idéal, mais pour signaler l’un des gros écueils de la gestion du rythme. Il faut penser à annoncer la fin du jeu, les gagnants éventuels, et la fin de la veillée. Si vous estimez qu’une sortie d’imaginaire est nécessaire, c’est le moment de la faire.

Enfin, il faut soigner votre retour au calme : il doit préparer les enfants au sommeil, tout en étant encore le plus ludique et le plus  » fun  » possible. Un simple temps sur le dos en silence est vraiment un minimum syndical, et très peu intéressant. Je précise que j’ai choisi l’exemple de la veillée parce que sa particularité est justement ce moment si important. Pour des activités en journée, on peut se contenter d’une annonce de résultats et d’une conclusion d’imaginaire. Le soir, il faut aussi préparer le repos, essentiel en colonie, parce que les journées sont longues et intenses.

Dans un monde parfait, le rythme de la veillée continue à redescendre jusqu’au moment du rituel du coucher, dans les chambres. Chaque animateur doit s’assurer que les jeunes se préparent dans le calme et la sérénité à se coucher. Cela passe par de petites choses : tamiser la lumière en n’autorisant l’allumage que des lampes de chevets ou de la salle de bain proche, ne parler qu’en chuchotant… On prolonge la veillée en se racontant ses grands moments :  » Et tu as vu quand il a sauté ? Et quand j’ai gagné la course de tortues ? Et quand elle a tiré au laser sur le méchant ?  » Et on prend le temps de se retrouver avec un petit moment bien à nous (une histoire du soir par exemple).

A une autre échelle : le rythme du séjour

Le séjour aussi doit avoir à peu près ce rythme en forme de courbe : le planning des activités et le fil rouge imaginaire, s’il y en a un, doivent suivent cette évolution. Dans les meilleurs séjours, ont fait une  » sensi  » du séjour avec une sorte de  » lettre de Poudlard « , qui annonce un peu la couleur à l’enfant, et éventuellement lui dit quoi prendre dans sa valise (en plus des sept t-shirts, shorts et paires de chaussettes habituels).

En milieu de séjour, on place le point d’orgue : grande sortie thématique de toute une journée ou sur deux jours, grand jeu d’une journée, visite de prestataires ou de personnages imaginaires importants, etc.

Et sur les deux ou trois dernières journées, on prépare la fin : c’est le moment de discuter un peu avec les enfants de ce qu’ils vont faire après la colonie, d’où ils rentrent, etc. Ainsi, on leur rappelle en douceur que d’ici quelques temps, ils vont retrouver leur quotidien habituel, leur famille, éventuellement l’école, et on évite l’ascenseur émotionnel, et les trop grands drames des boums de veille de départ. A propos de boum d’ailleurs, s’il n’y en a qu’une dans le séjour, il est mieux de la placer en avant-dernière veillée, surtout pour les plus grands : s’il y a des couples de formés (ou de déformés…), ils ont ainsi une dernière journée à passer ensemble, avant le retour.

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