Un mois spécial Pascal (fond ancien)

On commence par un article consacré à la genèse d’un de mes travaux, mais en réalité c’est aussi un prétexte pour toute une série d’articles qui seront dédiés à Blaise Pascal. Vous allez vite comprendre que c’est un de mes auteurs fétiches, et pourquoi. Outre cet article « travaux d’écriture », il fera donc l’objet d’un article sur une séquence de cours niveau premières générales, et d’un carnet de lecture sur les Pensées.

Présentation rapide du projet inspiré par Pascal

Le Rosaire écarlate est un jeu de rôle narrativiste (il va poser aux joueurs des dilemmes moraux, au travers de leurs personnages), et à secrets : il y aura un maître du jeu, qui révélera des surprises sur l’univers au fur et à mesure de la partie et des choix des joueurs.

Les joueurs incarnent des novices dans un couvent moyenâgeux, dans lequel il va se passer des choses étranges.

Pour plus d’informations, voir les chroniques ultérieures.

Une problématique qui me tient à cœur

Lorsque Blaise Pascal commence à se vouer à ses écrits théologiques, il est dévoré par une terrible angoisse (liée au jansénisme, on en reparlera) : l’humain (il dit l’Homme, mais je mets mon filtre XXIe féministe) est misérable, et plus il essaye de se vouer à l’Eternel, plus il risque de s’en éloigner pour retomber dans des travers terrestres et vains.

L’homme n’est ni ange ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l’ange fait la bête.

Si on développe un peu : l’humain a cinq sens, il est attaché au terrestre, son enveloppe charnelle et ses divertissements sont voués à disparaître, à l’inverse des anges qui sont éternels, et sans désirs vains. Mais l’humain est supérieur aux bêtes, car il pense, il a conscience de lui-même, et de sa propre vanité. Or, selon ce fragment, un humain qui chercherait à faire taire sa part de bestialité, pour tendre le plus possible vers l’angélisme, risquerait de retomber plus violemment encore dans ce qu’il cherche à éviter.

Je ne suis pas croyante, mais la dichotomie attachements terrestres / immatérialité est au cœur de mes réflexions et interrogations. J’ai le sentiment qu’il est naïf d’oublier que l’humain est d’abord constitué d’un corps, qui peut aimer manger et/ou faire l’amour et/ou dormir, etc. (dans l’ordre que vous voulez) J’attache donc une grande place dans mes travaux à la sensualité, dans sa définition la plus large. C’est pour cette raison également que l’immortalité m’angoisse plus qu’elle ne m’attire. Pour moi, elle symbolise un renoncement à toutes mes attaches actuelles.

Pour conclure…

Un des dilemmes qui va se poser aux joueurs dans Le Rosaire écarlate c’est l’attachement au monde et aux désirs terrestres : plus ils avanceront dans le jeu pour en découvrir les secrets, plus ils devront se couper de l’univers extérieurs au monastère (alors qu’ils y auront des attaches), et plus ils devront renoncer à leurs activités d’humains mortels.

MAIS, et c’est là qu’est l’os, leur progression vers l’Angélisme (terme technique du jeu) ne se fera pas sans conséquences : ils retomberont, de manière forcée et parfois violente, dans la Bestialité (autre terme technique). Celle-ci interviendra comme un exutoire aux désirs refoulés de leurs personnages.

Cependant, j’essaie de faire en sorte que toutes mes convictions qui précèdent ne transparaissent pas, ou alors en toute fin de jeu, dans ma création. J’aimerais qu’il y ait un vrai choix possible pour les joueurs. Pas évident, mais j’y travaille…

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